13.03.2011

Il faut aider les Tunisiens (fin)

Suite et fin du récit d'un séjour en Tunisie pendant la semaine où Moubarak est «tombé »

Une ambiance différente et la fierté d'avoir mis le feu aux poudres

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L'habitant est soulagé, ne demande qu'à parler - ce qui lui était interdit depuis plus de 20 ans - et il ne s'en prive pas: « Quand reviendront les Français ? On vous aime » mais il reste quelqu'un de « persona non grata »; je vous laisse deviner, qui ?

Elle a tellement compris qu'elle était « interdite de séjour » dans le pays qu'elle n'a pu accompagner notre ministre des finances, occupée par un autre voyage diplomatique à l'autre bout du monde. Tous sont fiers d'avoir lancé le mouvement de révolte et la fuite de Moubarak (le 11 février) est commentée avec ironie: « Ben Ali lui a laissé les clés de sa chambre sous le paillasson et Kadhafi ne tardera pas; la salle de bain va être petite ! »

Les terrasses de café, lieu privilégié de rencontre et d'échange

TOZEUR FEVR 2011 016.JPGSi les banques, la poste, le magasin général (propriété de l'état )- lieux représentant le pouvoir- ont été mis à mal, les cafés ont été protégés et ont servi de QG aux révolutionnaires; les terrasses restent toujours très animées et les commentaires sur la constitution et les décisions du nouveau gouvernement vont bon train. Les réactions restent très positives et les esprits vigilants sur tout ce qui est proposé: le peuple veille et ne se laissera pas voler sa révolution. GOUVERNORAT rassemblement.JPG

 

 

 

 

 

Une visite à Ong Djemel sur les décors de «Star Wars »

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A 15 km de Tozeur, le site de Ong Djemel est un lieu d'excursion en 4x4 sur les pistes du désert. Les décors du tournage de « La guerre des étoiles » dans un bon état de conservation constituent un retour vers le passé. A voir autre décor plus récent pour le prochain film de J.J. Annaud « Soif Noire » où le 30 octobre dernier, pendant le tournage sous traité à un producteur tunisien, un figurant est décédé d'une chute de cheval; payé 50 dinars/jour (27€) comme cavalier et le double pour son cheval. Nous nous connaissions depuis 25 ans.

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Le retour par Djerba

Une journée de bus en deux étapes pour rejoindre l'aéroport de départ, toujours la douceur du climat et l'accueil affable des Tunisiens. Quelques touristes qui finissent leur 5° semaine de vacances au bord de la mer. De courageux retraités Nîmois qui ont refusé le rapatriement qui leur était proposé par le voyagiste au plus chaud de la révolte; seulement 5 couples sont restés à l'hôtel pour terminer leur séjour. Excellent service de Tunis Air pour le vol sur Marseille. Fin du voyage.

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Et nous, que faisons nous ?

Nous aidons les Tunisiens en soutenant tout un pan de l'économie , sachant que notre aide va directement dans la bourse des Tunisiens « d'en bas ». TOZEUR FEVR 2011 032.JPG

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Pour info: 1€ vaut 1,89 dinar tunisien. 10 dinars = moins de 6 €.

Un repas au restaurant coûte de 5 à 10 dinars (3 à 6€), une chambre avec petit déjeuner 25 dinars (13€). Actuellement les voyagistes proposent des promos pour relancer l'activité touristique, ce qui permet avec quelques dépenses supplémentaires de faire tourner le commerce local pour quelques petits plaisirs.

Il faut aider les Tunisiens au plus vite en séjournant en Tunisie

Récit d'un séjour en Tunisie pendant la semaine où Moubarak est «tombé »

Une semaine à Tozeur (sud Tunisie) via Djerba et son magnifique aéroport quasi désert. A Marignane, le hall des départs n'était pas plus rempli et à part des Tunisiens, les Européens n'étaient pas bien nombreux le 6 février à vouloir se rendre au pays de Ben Ali, plutôt l'ancien pays, puisque son président-dictateur s'en est enfui le 14 janvier. A Oumt Souk, capitale de l'île de « Djerba la douce », aucun touriste rencontré, pourtant tout est tranquille, le soleil est là et la température agréable. Le lendemain, direction Gabès en 3 heures « louage » (taxi collectif) et après 2h d'attente le départ pour Tozeur TOZEUR, REVOLUTION EN TUNISIE, DJERBA,STAR WARSoù j'arrive en fin de journée. 

Dans les carrefours principaux des grandes villes, l'armée et ses camions sont là qui sécurisent avec bonhommie. Parfois une maison brûlée, peut-être celle d'un chef de la police ou d'un cadre du parti local. Dans ces taxis longues distances, les passagers sont uniquement des autochtones et les échanges sont quasi impossibles car notre langue est de moins en moins parlée sinon par quelques étudiants, quelques anciens qui ont connu la colonisation et les professionnels du tourisme mais comme ce voyage n'a rien de touristique...

Le siège du Parti brûle t-il?

Pour ma première nuit dans la capitale du Djérid, le superbe bâtiment du siège du parti unique du président chassé, le RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique) connait un début d'incendie (photos).TOZEUR, REVOLUTION EN TUNISIE, DJERBA,STAR WARS J'apprendrai le lendemain que des cadres du parti ont voulu faire disparaître des archives compromettantes puis que la population a fini le ménage et saccagé les bureaux. Deux militaires, mitraillette sur la poitrine, gardent l'entrée de l'immeuble mais malgré tout je réussis à entrer et à visiter le rez de chaussée saccagé, escorté d'un jeune militaire aussi naïf qu' embarrassé de me voir chercher les toilettes ! tozeur,revolution en tunisie,djerba,star warsQuelques photos à la sauvette, quelques cartes vierges du Parti récupérées au sol et trois casquettes du RCD composeront les souvenirs de cette visite non autorisée. TOZEUR, REVOLUTION EN TUNISIE, DJERBA,STAR WARSL'entrée du Gouvernorat (photo) est surveillée: barbelés, camions, militaire en armes; la population leur porte cigarettes, dattes, boissons et discute dans un climat de totale confiance. tozeur,revolution en tunisie,djerba,star warsDans la rue latérale, à l'entrée de service, un attroupement attend pour demander du travail.TOZEUR, REVOLUTION EN TUNISIE, DJERBA,STAR WARS

Une économie touristique entièrement sinistrée

La ville est absolument vide de touristes. Depuis plus d'un mois tous les commerces qui vivent du tourisme sont fermés; restaurants, hôtels, boutiques de souvenirs, taxis, calèches, etc... et le petit personnel des hôtels: femmes de chambres, cuisiniers, serveurs, gardiens, jardiniers restent à la maison; toute une population sans ressources depuis plusieurs semaines et pourtant il faut nourrir les familles et le cheval qui tire la calèche. Il est urgent que le touriste retourne dans cette région du Chott El Djérid, qui ne vit que de la récolte des dattes et du tourisme Nos amis Tunisiens nous attendent à bras ouverts mais avec de sérieuses réserves pour une seule personne...  

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