11.02.2015

Christophe Blanpain exprime son sacerdoce à travers l'art à Prades

Christophe Blanpain exprime son sacerdoce à travers l'art, la médiathèque, 33 rue de l'hospice,  jusqu'au 24 février.

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Originaire du Nord, Christophe a depuis trois ans élu domicile à Mosset. C'est au cœur du Conflent qu'il puise désormais sa source d'inspiration en créant des habits sacerdotaux.

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Article publié le 6 février sous la signature de J.L. Bobin

Il se définit tout à la fois comme chrétien et artiste peintre. L'exposition qu'il propose à la médiathèque intercommunale est profondément imprégnée de ces deux dimensions.

Il s'excuse de manière un peu gauche. Bafouille trois mots d'explication pour dire qu'il est vraiment à la bourre. S'en dit désolé. Car les photos ne sont pas encore toutes accrochées. Ce qui le désespère. Ganté de blanc, il se débat avec des cimaises.

 

On convient donc de se revoir un peu plus tard. Lorsque les choses seront davantage apaisées. Le jour du lancement de son exposition à la médiathèque intercommunale, Christophe Blanpain semblait un poil dépassé par l'organisation. Il en convient volontiers. "Le côté pratique des choses n'est pas vraiment mon fort". Retour donc quelques heures plus tard.

Franciscain dans une première vie

L'artiste a cette fois pris totalement possession des lieux. Aux murs : des images. Comme autant d'odes à l'abstraction. En lien, dit-il, avec la nature.

"Elle sécrète en moi des énergies essentielles". Sur des colonnes présentoirs : des objets en céramiques. Certains indéfinissables. D'autres beaucoup plus. Comme ces patènes ou calices. Outre la thématique de la lumière - qu'il souhaite en l'espèce être le fil conducteur de son exposition - le travail de Christophe Blanpain s'exprime, de manière beaucoup plus générale, à travers le divin et le sacré.

Il n'en fait pas mystère. Revendique sa chrétienté. Puis, au détour de la conversation, lâche incidemment : "J'ai été Franciscain dans une première vie". S'amuse alors en souriant de l'étonnement qui se lit sur le visage de son interlocuteur. "Je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire de l'écrire".

Loin pour autant d'être anodin. Même s'il précise n'avoir été ni moine ni prêtre. Mais simple "religieux". Quatorze années en tout de sacerdoce. De 24 à 38 ans. Il en a aujourd'hui 54.

Les chasubles d'Henri Matisse

Bien qu'ayant quitté l'ordre en raison de désaccords liés au dogmatisme sur la notion de célibat, Christophe Blanpain garde sa foi chevillée à l'âme. Persiste à mener une vie simple et humble. Faite d'ascétisme et de méditation.

Deux doctrines qui nourrissent et inspirent ses élans créatifs. "La vocation religieuse est une chose. La vocation artistique en est une autre. J'avais besoin de liberté", résume-t-il. Décide donc de faire de l'art un apostolat. Qui aujourd'hui se manifeste dans la peinture sur soie. L'une de ses marques de fabrique. Transformant ses bandes de tissus en kakémonos d'inspiration zen, destinés, "à l'instar des vitraux, à inviter à méditer".

Sa singularité, Christophe Blanpain la cultive néanmoins ailleurs. Dans l'élaboration d'habits sacerdotaux. Titulaire d'un diplôme d'infographe textile décerné par le Centre d'art et d'industrie de Tourcoing, Christophe Blanpain est littéralement tombé en arrêt lorsqu'il a découvert un jour les chasubles créées par Matisse.

Elles sont devenues pour lui une source d'inspiration permanente. "J'aime beaucoup cette mise en beauté par le biais des papiers découpés." Deux de ses propres chasubles sont exposées à la médiathèque. Dont l'une conçue dans le cadre d'une commande pour la cathédrale de Lille.

"Cette pièce m'a demandé beaucoup. Elle symbolise le cantique des créatures. Une mise en lumière d'un état de grâce atteint grâce au chant et à la danse". Clin d'œil du destin ? Sans doute ! Christophe Blanpain ne manque alors pas de le souligner. "Le père de François d'Assise vendait des tissus". Evidemment pur, heureux et curieux hasard...                                               Texte de J. Luc Bobin

 

00:31 Publié dans EXPOSITIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : christophe blanpain | |  Imprimer | |  Facebook | |

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