07.08.2014

Un Pradéen se distingue à La Réunion

En finir avec les idées reçues ! Décrocher un bac pro est loin d'être une voie de garage. Damien Leeuwerck en est la plus parfaite illustration. Récit d'un vrai parcours atypique.

Un homme heureux. Épanoui. Voilà spontanément les premiers mots qui viennent à l'esprit lorsque l'on discute cinq minutes avec Damien Leeuwerck. Trois ans qu'il n'était pas revenu à Prades. Un bail ! C'est dire si son père Daniel, l'artisan fleuriste de l'avenue du général de Gaulle qui a récemment fait valoir ses droits à la retraite, était, ces jours-ci, des plus comblés. Fier du parcours de son fiston aujourd'hui prof d'usinage productif à la Réunion.

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Ancien élève du lycée Charles Renouvier, Damien Leeuwerk y avait décroché, à la fin des années quatre-vingt-dix, un bac F10 "micro technique". Avant d'enchaîner, dans la foulée, sur une licence et maîtrise technologique, option "productique". Rien, à l'époque, ne le prédisposait vraiment à se destiner à l'enseignement. Deux ans de service dans la gendarmerie et quatre ans "d'outilleur mouliste pour les stores Mitjavilla" plus tard, voilà que Damien Leeuwerck apprend qu'un de ses amis a franchi le pas en intégrant l'Education nationale. L'idée le tente. Il passe donc le concours. Et après une année de stage fait ses premiers pas d'enseignant dans son ancien bahut.

damien leeuwerck

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Muté ensuite un an à Avignon, le mal du pays le convainc à demander son rapprochement. "Puis, en second choix et un peu par dépit, j'ai coché la case des îles", se souvient-il en riant. Bingo ! Il décroche la Réunion. S'esclaffe : "Je ne savais même pas où c'était précisément". Damien Leeuwerck débarque ainsi à Saint-Denis un jour de 2005. Découvre "une mixité sociale importante. Une population très métissée. Un cadre de vie plus tranquille, plus apaisé et plus préservé. Des gens d'une grande gaîté aussi."

Il a construit de ses mains la Porche 550 de James Dean

Au sein du lycée Amiral Lacaze, le catalan persuade ses élèves "que savoir se servir de ses mains, c'est loin d'être nul". Puis, par le biais d'une association, met en place un partenariat avec Airbus industrie pour que ces derniers puissent trouver du boulot chez l'avionneur européen toulousain.

En parallèle, il poursuit la passion qui l'anime depuis toujours pour les voitures de légende. Il en a restauré sept. Dont deux construites entièrement. Et pas des moindres. Puisqu'il s'agit, en l'espèce, de la fameuse Spyder 550, la Porsche d'un certain James Dean. Mais au-delà de son itinéraire et de son vécu personnel, Damien Leeuwerck tient surtout à ce qu'on en finissent enfin avec les idées reçues.

"Il faut arrêter de stigmatiser et de jeter le discrédit sur les filières professionnelles. Les lycées pros ne sont pas des établissements fourre-tout. On en sort des jeunes compétents. Aux formations susceptibles d'offrir des débouchés. Et qui pourront, ensuite, participer à l'épanouissement de nombreux élèves".
Damien Leeuwerck en est la plus convaincante des illustrations.

Article signé de J.L. Bobin. Photo D.R.

01:19 Publié dans infos diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : damien leeuwerck | |  Imprimer | |  Facebook | |

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