02.07.2014

APPEL du 18 JUIN, SOUVENIR du DEBARQUEMENT...

La cérémonie commémorative de L'appel du 18 juin 1940, du Général de Gaulle a été célébrée sur la place du même nom en présence d’un public nombreux. et des autorités civiles et militaires.

La nation commémorant  à la fois le 70ème anniversaire du débarquement qui a permis la Libération de la France.et le  centenaire de la 1° guerre mondiale de 1914/1918 dite la Grande guerre.

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 Raymond Coyde et Mme Juncy, soeur d'André Maler

Dans son discours Le maire, Jean Castex  a rendu hommage au Conflentois  Raymond Coyde présent et au Pradéen, André Maler, décédé en 1992, représenté par Madame Juncy, sa sœur, qui ont participé à la Libération de la France.  "

...Un jeune Gallois de 19 ans, engagé dans les Royal Marines,  faisait partie de ces soldats de la Liberté qui débarquèrent à Juno  Beach, près de Ouistréam, le 6 juin 1944. Cet homme est là,  avec nous ce soir, il s’agit de Monsieur Raymond COYDE,  installé en Conflent depuis 1976 et dont la famille est bien  connue dans notre ville. Je le salue en votre nom avec un  immense respect.   Aux côtés de l’unité de Raymond, en première ligne, le  commando n° 4, sous les ordres du Commandant KIEFFER, qui  comprenait 465 britanniques mais également 177 Français du  1 er bataillon de fusiliers marins. Parmi eux, le Pradéen André  MALER, cheminot réfractaire au STO, décédé en 1992, auquel  je tiens à rendre également hommage en ce jour. André, votre  frère d’armes, était devenu, cher M. COYDE, votre ami et je  salue sa sœur, Mme JUNCY, présente à vos côtés. .."   Extrait du discours de Jean Castex, maire de Prades

                                                                                                         Emile Claverie

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Raymond Coyde avec Nathan Leeuwerck, le "petit  maire"

Ci-dessous l'article signé de J.L. Bobin publié le 21 juin 2014 dans l'Indépendant.

Ils ont tout deux participé au débarquement de Normandie. L'un, engagé dans les Royal Marines, l'autre au sein du commando Kieffer. La ville leur a rendu un vibrant hommage.

On l'a assis là ; sur un fauteuil à dossier jaune. En attendant que la cérémonie commence. Les autorités se font attendre. Quelques personnes viennent alors lui glisser un petit mot gentil à l'oreille. Prétexte aussi pour le photographier. C'est qu'il porte beau ; avec son béret vert, sa moustache argentée, sa croix en bois autour du cou et ses décorations ajustées au revers du veston. Raymond Coyde sourit poliment. La tête un peu ailleurs. Bien loin de tout ce remue-ménage qui agite maintenant la place de l'Appel-du-18 juin.

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Le Gallois Raymond Coyde, installé en Conflent depuis 1976, assis aux côtés de Mme Juncy, la sœur d'André Maler, lors des cérémonies de l'Appel du 18-Juin. La municipalité a le projet d'apposer une plaque commémorative sur la maison natale du Pradéen, décédé en 1992.                                  PHOTO/J.-L. B.

La clique révise ses gammes. Porte-drapeaux au garde-à-vous-fixe. Sapeurs pompiers alignés en rangs serrés. En uniforme d'apparat, la sous-préfète et le commandant de gendarmerie prennent maintenant place aux côtés des élus ceints de leur écharpe tricolore. L'instant est solennel. Sonnerie aux morts. Minute de silence et dépôt de gerbe.

Raymond Coyde observe la scène d'un regard un peu absent. Comme si tout cela, à 89 ans, ne le concernait plus vraiment maintenant. Lui, qui s'est longtemps montré si discret sur l'un des épisodes les plus marquants de sa vie. De ceux qui participent à l'écriture de la Grande histoire. Celle dont on vient de commémorer le soixante-dixième anniversaire. Le 6 juin 1944, ce jeune Gallois de 19 ans, engagé dans les Royal Marines, faisait partie des soldats de la liberté qui débarquèrent à Juno Beach, près de Ouistreham. Sans doute, y est-il encore un peu quelque part. Mais que tout cela est loin...

Des hommes modestes et réservés

Au même moment, dans une autre péniche secouée par les vagues sous un déluge d'obus, le Pradéen André Maler fixe lui aussi avec émotion la côte normande. Avec 177 autres compatriotes, il appartient au fameux commando Kieffer. Une unité d'élite combattant sous l'uniforme britannique et sur lequel il a fièrement cousu l'écusson "France".

Raymond Coyde et André Maler ne se connaissent pas encore. Ignorent, en affrontant ce jour-là le feu et la mitraille dans la boue et le sang, qu'ils vont se retrouver, bien des années plus tard, à Prades.

Installé en Conflent depuis 1976 le Gallois a fait souche au pied du Canigou. Où vivent désormais, du côté de Vinça, ses enfants et petits enfants. Les deux frères d'armes auront ensuite plusieurs fois l'occasion de se rencontrer. D'évoquer pudiquement ensemble quelques souvenirs communs.

Mais Raymond est désormais seul. André l'a quitté en 1992. S'est éteint dans sa ville natale de Prades. Cheminot réfractaire au STO, il avait rallié l'Espagne par Osséja avant de rejoindre Lisbonne, où un avion anglais le convoiera jusqu'à Bristol. "Raymond, André et tous les autres, ont en commun une profonde modestie, parfois même une réserve ou une réticence à évoquer ces moments de juin 1944, où tant des leurs ont perdu la vie" a souligné dans son discours le maire Jean Castex. "Ces héros ne demandèrent aucune récompense (..) Mais cette histoire les dépasse, tant elle est porteuse d'espérance et d'enseignements (...) L'espérance, c'est celle du combat des démocraties et des défenseurs de la liberté qui ont fini, grâce à des hommes comme Raymond Coyde et André Maler, par triompher des forces du totalitarisme et des criminels contre l'humanité".

Impassible, Raymond Coyde est resté de marbre. Le visage toujours aussi hiératique. Concluant à sa façon la vibrante allocution municipale. D'un imperceptible hochement du béret. 

Article signé de J.L. Bobin publié le 21 juin 2014

 

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