07.01.2014

ARCHEOLOGIE, les "cailloux" partent en Cerdagne

" l'embarrassante" collection archéologique de la médiathèque se fait la belle en Cerdagne...

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Les fragments de jarres, vases et autres poteries du Conflent, jusqu'à présent exposés au premier étage de la médiathèque, ont débarrassé le plancher. La fin de toute une époque.

Ramon Gual n'était pas dupe. Il savait pertinemment qu'il lui faudrait un jour ou l'autre débarrasser le plancher. Un peu à l'étroit en son rez-de-chaussée, la médiathèque aspirait depuis un certain temps déjà à prendre davantage ses aises. Faire monter à l'étage des rayonnages entiers de documentation. Histoire d'accorder plus de place au rayon jeunesse. Seulement voilà...

 Une partie de l'espace est occupée depuis des années par les vitrines de son association Terra Nostra. Là, y sont exposés des vestiges très différents de plusieurs époques. Mais ayant tous pour point commun d'avoir une identité conflentoise affirmée. Un conglomérat d'éléments de fouille issu de collections privées et destiné à mettre en relief la richesse d'un patrimoine ignoré.

«Quand enlevez-vous vos cailloux ?»

Mais faute de réels moyens débloqués et, surtout, en l'absence de véritable volonté de s'en approprier le contenu, le lieu végète. La collection devient de plus en plus encombrante. Demande est donc adressée aux propriétaires et inventeurs qu'ils récupèrent leurs biens. Problème. Que faire de tous ceux issus de Terra Nostra et de la feu Revue Conflent ?

3580241372.jpgFaute de local disponible, Ramon Gual traîne un peu les pieds. Jusqu'à ! Consécutif à la réalisation de travaux, un réaménagement de la médiathèque devient prétexte à remettre une nouvelle fois le sujet sur le tapis. De façon un peu plus insistante."Quand est-ce que vous nous enlevez tous vos cailloux ? m'a-t-on clairement dit",raconte-t-il. "Je ne pouvais pas me résoudre à l'idée de laisser ces collections emballées dans des cartons empilés dans l'entrepôt archéologique de Perpignan. J'ai donc décidé de les proposer au futur musée de Cerdagne pour qu'elles puissent être montrées au public".

Aux termes d'une "convention de don" passée avec l'association Groupe de recherche archéologique et historique de Cerdagne (GRAHC), tous les objets ont été dûment inventoriés avant de prendre la destination des hauts cantons. Exit donc les jarres, vases, poteries, amphores, céramiques, fragments de vaisselles et autres scories de fer qui trônaient jusqu'à présent à Prades. "C'est une collection chronologiquement anachronique" note Pierre Campmajo, membre du GRAHC et chercheur expert associé à l'université Toulouse le Mirail.

Pièces exposées dans le futur musée de Cerdagne

"Cela va du néolithique moyen au Moyen-Âge, en passant par le bronze moyen, le VII-VIIIe siècle avant Jésus Christ ou, encore, l'époque romaine. On ne peut pas à proprement dire qu'il y ait des choses importantissimes. Mais certaines sont très intéressantes et méritent assurément d'être montrées."

Les plus belles pièces seront mises en valeur dans le futur musée de Cerdagne. Au sein d'un espace consacré au Conflent. "Il n'y a, de ce point de vue-là, aucun anachronisme", conclut Pierre Campmajo. "Car le Conflent, Prades, Ria et le piedmont du Canigou, à travers leur économie montagnarde axée sur l'élevage et l'agriculture, sont plus proches de la Cerdagne et du Capcir que des Fenouillèdes ou des Corbières". 
Cela ne fait désormais plus l'ombre d'un doute. 

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 Pierre Campmajo et Denis Crabol, du Groupe de recherche archéologique et historique de Cerdagne (GRAHC), qui héritent de la collection pradéenne, procèdent à l'inventaire des pièces avant qu'elles ne partent à destination de Saillagouse.                                                        PHOTO/J.-L. B.

Le 03 décembre par Jean-Luc Bobin 

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