12.08.2013

Michel Lethiec, directeur artistique du Pablo Casals, intervievwé par J.L. Bobin

Michel LETHIEC.jpgA mi-parcours* du Festival dans quel état d'esprit se trouve Michel Lethiec ?
Dans un excellent état d'esprit. Le festival se passe très bien. Tant au niveau de la fréquentation que sur le plan artistique. C'est surtout ce qui m'importe. Car il y a beaucoup de festivals maintenant en France et dans la région. Et on se doit de continuer à proposer ce qui fait notre réputation. Depuis le début, il n'y a, si j'ose dire, eu aucune fausse note. C'est je crois un excellent cru. Mais ce n'est pas fini. 

Quels sont d'ores et déjà pour vous les moments forts de cette 61e édition ?
 
Pour moi, tout a été d'une qualité extraordinaire. Mais si j'avais vraiment à souligner une chose, ça serait le récital de Barry Douglas qui a eu un succès énorme. C'était extraordinaire. Le lendemain, on a enchaîné sur Céret, où on a fait un concert dans le musée autour de la relation musique-peinture. Cette initiative a également énormément plu.

Quels sont le, ou les concerts, à ne pas rater avant la fin du festival ? 
Hou-la-la ! Difficile à dire. Il y a le concert sur les Amériques. Où l'on va mélanger des compositeurs classiques comme Dvorák avec Bartok, Copland Villa-Lobos ou Piazzolla. Ça va être un concert très très intéressant. Et puis, évidemment le concert Bethov' qui est déjà pratiquement complet. Sans oublier le concert Bach que l'on va faire dans l'église de Prades autour du profane et du sacré.

Revenons à Pablo Casals. En quoi a-t-il marqué son époque ?
Il a marqué son époque pour plusieurs raisons. D'abord, bien évidemment, en tant que violoncelliste. Car c'est lui qui a offert une technique de liberté au violoncelle. Il en a en quelque sorte révolutionné l'interprétation. Ce fut, ensuite, l'un des très très grands solistes. En un mois, il pouvait faire 20 ou 25 concerts. Parfois plus. Et à une époque où il n'y avait pas de jets pour vous faire traverser les océans en quelques heures. Mais Pablo Casals, c'est aussi et enfin son engagement contre le fascisme et sa volonté farouche de rester en exil à Prades tant que Franco serait au pouvoir en Espagne. Lorsqu'il a décidé de ne plus jouer dans le monde entier, ça : ça a vraiment marqué les esprits. Jusqu'à ce que se produise ce miracle quand les plus grands musiciens de la planète sont, comme aujourd'hui, venus à Prades lui rendre hommage et faire de cette petite ville la capitale mondiale de la musique de chambre.

Vous aimez programmer vos concerts dans des lieux différents et parfois insolites. Y en a-t-il un où vous n'avez pas encore joué et où vous souhaiteriez particulièrement vous produire ?
Oui oui ! Il y en a même plusieurs. J'ai quelques idées que je vous réserve pour l'an prochain. Car on va évidemment continuer à mettre en valeur les endroits qui sont magiques, les monuments extraordinaires de cette région du Conflent si riche en patrimoine artistique.

Le festival n'est certes pas encore terminé. Mais je suppose que vous devez déjà avoir une idée de la programmation de la prochaine édition. Peut-on en avoir la primeur ?
 Non pas vraiment. Mais je pense que ce sera très intéressant pour tout le monde. Avec toujours dans l'idée de faire découvrir des œuvres tout en rayonnant dans des lieux différents. A ce titre, on va bien sûr continuer à amener Prades à Paris et à l'étranger. Nous partons désormais chaque année en Corée. Il y a bien évidemment aussi le théâtre des Champs-Elysées , où l'on se produit trois fois par an. Et puis, pour la première fois, on va partir en tournée aux Etats-Unis en octobre 2014. Nous avons programmé trois semaines de concerts, dont quatre se dérouleront à la National Gallery de Washington. C'est extraordinaire pour nous. Mais aussi pour Prades et toute la région. Retrouvez en vidéo, sur lindependant.fr, l'intégralité de l'entretien et des images inédites du concert donné dans les grottes des Canalettes de Villefranche-de-Conflent. 

* Le dernier concert aura lieu le mardi 13 août à 21h à St Michel de Cuxa.

Article publié dans l'Indépendant du6 août sous la plume de J.L. Bobin

02:06 Publié dans infos diverses, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : michel lethiec, festival pablo casals | |  Imprimer | |  Facebook | |

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