25.01.2012

Les autruches de Serdinya

mas de la guardia,autruchesAlain Domenech et Laure Grias  élèvent des autruches au Mas de la guardia, 46 route Nationale à Serdinya.

Pourquoi des autruches ? " J'ai repris en 1990, l'exploitation d'ovins et bovins de mes parents, j'avais dans l'idée de me diversifier et c'est en écoutant la radio dans ma voiture que j'ai eu le déclic lors de l'interview d'un éleveur d'autruches. En 1998, après avoir instruit un lourd dossier et suivi une formation que le ministère de l'environnement m'a accordé son accord. Un troupeau de 18 bêtes reproductrices ( 1 male pour 2 femelles) arrivaient au mas de la Guardia."

L'article publié le 21 novembre par Valérie Pons, journaliste à l'agence de l'Indépendant de Prades,vous dit tout:

"Chronique d’une vie d’autruche...

Au Mas de la Guardia, à l'entrée de Serdinya, Alain Domenech et Laure Grias élèvent un troupeau d’une centaine d’autruches pour leur viande. 

mas de la guardia,autruches Ce qui frappe en premier, c’est leur regard, velouté et scrutateur, bordé de cils démesurés. A l’approche de l’homme, le troupeau, qui se déplace toujours regroupé et en silence dans son enclos (quelque 40 bêtes pour 1 hectare et demi), s’approche, bien que craintif, du grillage. Les cous grêles se tortillent pour mieux vous voir, tels des serpents curieux. Les pattes mas de la guardia,autruchessemblent frêles mais les pieds, énormes, rappellent les appuis griffus de quelques espèces disparues comme les dinosaures. D’ailleurs, les autruches -puisqu’il s’agit d’elles en l’occurrence- font partie des animaux qui n’ont quasiment pas bougé ni évolué depuis la Préhistoire.

 

Hauts, costauds et rapides

Au Mas de la Guardia, chez Alain  et Laure , ces grands oiseaux d'origine sud-africaine sont rois. - jusqu’à 1,80 m de haut, costauds - jusqu’à 96 kg de carcasse -, et rapides - 70 km/h sur de longues distances. Enfin, ils  sont rois jusqu’à 14 à 16 mois, âge auquel leur viande, rouge, filandreuse, goûteuse mais contenant cependant le moins de cholestérol, arrive à maturité. «Le goût ressemble beaucoup à celui d’un filet de bœuf, avec un arrière-goût de magret de canard» souligne Alain Domenech, par ailleurs éleveur d’ovins (brebis) de race blanche du Massif Central et de bovins de race gasconne avec production de veaux sous la mère. Une vie d’autruche donc, élevée en poussinière et en musique «Cela les déstresse dès la naissance, comme ça, elles s’habituent au bruit» précise Laure à son tour.

Elevage depuis 1998

C’est en 1996 qu’ Alain a découvert, en écoutant la radio, l’existence d’élevage d’autruches en France. « Deux ans plus tard, le 4  juillet 1998 exactement se rappelle-t-il, les autorisations et certificat de capacité obligatoires en poche après avoir passé, à Paris, tous les examens, je me suis lancé avec, au départ, 5 mâles et 12 femelles».

Nourries exclusivement à base blé, de maïs, d’orge, d’avoine et de luzerne déshydratée à raison de 2 kg de nourriture en moyenne par jour et par animal, les bêtes du Mas de la Guardia, parfaitement acclimatées, peuvent donc donner naissance à des autruchons en pleine forme. 

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Après avoir pondu des œufs de belles dimensions (chaque œuf équivaut entre 20 et 24 homologues de poule), les femelles, au plumage gris, et leurs compagnons aux plumes noires, donneront leur viande festive (mais aussi leur graisse), soigneusement préparée dans le labo high-tech (voir encadré) de leurs propriétaires.

Tel est le destin des autruches de la Guardia.

Vous trouverez les produits de Alain et Laure sur les foires du département,et  tous les 15 jours en alternance sur le marché de Prades et Thuir ainsi qu' à la ferme Mas de la Guardia 46 route nationale    66360 SERDINYA

 Tél: 04 68 97 04 50 et 06 13 21 23 34 -
masdelaguardia.com

 Le laboratoire

Grâce à des subventions notamment européennes, le Mas de la Guardia a pu enfin se doter, in situ, d’un laboratoire high-tech (*) il y a tout juste deux mois (première mise en service le 19 septembre dernier). Finie la corvée d’aller transbahuter les bêtes pour l’abattage dans le sud-ouest; terminés les frais d’essence, d’hébergement et la fatigue du transport. Aujourd’hui, Alain et Laure livrent clés en mains le produit fini ».

Le processus est le suivant: les autruches vivantes sont remorquées depuis l’enclos jusqu’à la pièce d’abattage où Alain, vêtu d’un tablier de protection, de bottes sanitaires et coiffé d’une charlotte, les place ensuite, la tête recouverte d’une chaussette pour moins les stresser, l’une après l’autre dans un box où elles ont les pattes entravées par une corde. Un choc électrique à la tête et la mort est instantanée. Elles sont ensuite pendues puis saignéesmais le labo n’a pas encore l’autorisation de garder le sang.mas de la guardia,autruches La direction suivante est la table d’affalage où sont prélevés le cœur, le foie, la peau, le gésier, les viscères. Puis c’est la chambre froide servant au stokage des carcasses maintenues entre 2° et 3° de température. Au bout de 48h, salle de découpe: dans la journée, en moyenne trois autruches sont préparées par le couple. Celles-ci sont désossées et les muscles ôtés passent à l’éplucheuse. Entrent alors en action le broyeur mixeur et enfin l’autoclave sans oublier la sous-videuse (produits mis sous vide dans l’atelier agréé). Les saucissons sont, eux, pendus dans le séchoir. mas de la guardia,autruchesIl ne reste plus qu’à exposer les produits dans la petite boutique-présentoir attenante au labo. 

 

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Quant aux produits, ils se déclinent sous forme de rôtis, tournedos, pavés, steacks, terrines, rillettes, plats cuisinés  et autres «autruchailles"!

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De quoi composer un véritable festin.

03:59 Publié dans ECONOMIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mas de la guardia, autruches | |  Imprimer | |  Facebook | |

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